IN CORSICA

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Rédigé par Constant Sbraggia le Jeudi 8 Novembre 2018 | Lu 81 fois | 0 commentaire(s)


J’ai choisi de donner la parole à Jean-Guy Talamoni, une fois de plus, parce que, une fois de plus, le courant politique dont il est le leader met le doigt où ça fait mal, à savoir le délitement d’une société corse en proie à une paupérisation galopante. En l’occurrence il s’agissait de l’occupation symbolique d’un hyper marché par des militants de Corsica Libera pour lutter « non contre l’enseigne proprement dite mais contre le système qu’elle représente ». L’argument leur appartient, le problème économique et social est posé. J’ai voulu donner la parole à Jean-Guy Talamoni parce que le mouvement qu’il représente fait partie de la coalition nationaliste aujourd’hui au pouvoir, guère pugnace, il faut bien le dire, en la matière, tout acquise qu’elle reste au débat institutionnel. Il y avait peut-être quelques arrière-pensées habilement politiciennes dans cette démarche d’occupation. Si tel est le cas c’est plutôt bien joué. Parce que le débat économique et social doit être ouvert. En est-elle consciente, cette majorité ? La Corse ne gronde pas encore mais ne cache déjà plus sa lassitude. Du pouvoir elle attend des orientations fortes, des actes, des décisions. Bref, du concret. L’interminable crise du traitement des déchets ne plaidant pas en faveur de l’Exécutif. Que disaient ces militants-occupants de Corsica Libera ? Tout simplement que la vie devient insupportablement chère pour un nombre croissant de Corses, et qu’il s’agirait de s’en préoccuper. On ne le répètera jamais assez : plus du quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Et il est à craindre que ces chiffres, communiqués par l’Insee, ne soient bientôt revus à la hausse. Disons-le. Cette affliction qui semble gagner nos élus à force d’échecs sur la coofficialité de la langue ou l’autonomie n’est guère contagieuse. Les Corses sont confrontés à un taux de pauvreté record en France, un taux de chômage élevé (en augmentation de 2,3%), notamment chez les jeunes (il atteint 28,5%, 4 points de plus qu’en métropole) ; un sur cinq n’ayant aucune formation l’insertion sur le marché du travail reste très difficile (y compris jusqu’à la trentaine). Là est leur détresse. Leur mise hors-jeu est un drame humain en soi. Une catastrophe en termes de société. L’hémicycle de l’Assemblée de Corse devrait résonner du fracas des débats que suppose la prise en compte de cette situation. La majorité a-t-elle envie de prendre ce virage pragmatique ? Si elle ne le fait pas, la rue s’emparera vraiment des choses, mais alors rien ne sera plus comme avant. L’Exécutif aura payé comptant la note de son obstination idéologique. 



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