IN CORSICA

Caillassages


Rédigé par Constant Sbraggia le Samedi 7 Juillet 2018 | Lu 1070 fois | 0 commentaire(s)


Les Corses seraient donc violents. Des sauvages, toujours prompts à bafouer les vertus civilisationnelles auxquelles sont initiés les Français, ceux du continent. Comme au foot, c’est une question de vista. La méritocratie, outre qu’elle se voit sans cesse bafouée par des phénomènes de solidarités occultes, et nonobstant le progrès qu’elle suppose au regard du système de cooptation qui prévalait avant la Révolution, n’est en fait qu’une forme de darwinisme policé. Dans le cadre civilisateur où elle s’inscrit, notre société, subsiste en effet une règle absolue : pas de pitié pour les canards boiteux. Dès lors se déchainera, en toute bonne conscience, et à des fins organisationnelles, une violence de type bestial, celle qui laissera les plus faibles sur le carreau. En France, 5è puissance économique mondiale (source FMI), cela se traduit par un salaire médian de 1457 euros, une pension de retraite moyenne de 1200 euros et 14% de la population en situation de précarité. Ce pays, la France, mais il n’est pas le seul, n’a pas réussi à endiguer le fossé inégalitaire, et, comme si cela n’était pas suffisant, il a installé le consumérisme en modèle de société : violence. Humaine, culturelle, sociétale, intellectuelle. Enfin, ce pays organise, avec ses partenaires dominants, le même système à l’échelle planétaire : violence. Humaine, culturelle, sociétale, intellectuelle. Cette mise au point établie, observons les phénomènes de violence admis en tant que tels. Un taux de suicide de 12,3 pour 100 000 habitants (un agriculteur tous les 2 jours, ce n’est pas anodin), une femme sur dix qui a été violée ou le sera (75 000 par an), un cambriolage toutes les 90 secondes (243 500 par an), une moyenne de 850 homicides par an (à Marseille on tue à la kalachnikov dans une incroyable indifférence : 2 meurtres le soir de Noël, 1 la nuit du Nouvel An, 6 depuis janvier… 14 en 2017, 29 en 2016. Le « modèle » corse est dépassé). Alors… lorsque le journal L’Equipe titre « L’Horreur » sur 8 colonnes à la Une au lendemain des incidents survenus aux abords du stade François Coty à Ajaccio auxquels succèdera une courte bagarre générale entre joueurs, je comprends que cette analyse est ramenée au contexte du football, mais tout de même ! Aussi inadmissible soit ce type de comportement il n’en appartient pas moins à la série des débordements lamentables constatés à longueur de saison « sportive » de L1. En 2018 : Marseille-Lyon (18 mars) ; Le Havre-Quevilly (30 mars des dizaines de supporters havrais – tiens-tiens-, envahissent la pelouse pour frapper leurs joueurs) ; PSG-Monaco (31 mars) ; Nantes-Saint-Etienne (1eravril) ; Nîmes-Lorient (28 avril, le bus des joueurs de Lorient visé par des projectiles – re tiens-tiens) ; Grenoble-Entente Sannois Saint Gratien (11 mai) ; Le Havre-Brest (15 mai, grosse altercation entre dirigeants et joueurs à la fin du match – décidément tiens-tiens). Bref. A monsieur le Premier ministre, à madame la ministre des Sports, à madame la député de Seine-Maritime (parce que leurs interventions ont facilité le caillassage médiatique dont a été victime la Corse, mais aussi parce qu’il est permis d’établir un lien entre l’état de la France évoqué précédemment et le type d’exactions incriminées) je veux dire mon bonheur de vivre en Corse où à ce jour aucun enfant n’a été kidnappé, où ma fille de seize ans et ses copines peuvent aller par les rues en toute quiétude, où l’on ne rase pas les murs à la nuit tombée, où les transports en communs ne sont pas hostiles et bien souvent accueillants, où l’on n’enjambe pas un homme à terre, où l’on porte secours à la personne qui subit une agression, où l’on sourit volontiers à son prochain, où finalement prévalent ces mœurs quasi tribales qui peuvent donner à certains un sentiment réconfortant de nation. 
 

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