IN CORSICA

Chez jean Jean


Rédigé par Constant Sbraggia le Samedi 7 Juillet 2018 | Lu 169 fois | 0 commentaire(s)

Au Bilboq, 2 rue des Glacis, à Ajaccio. Par Constant Sbraggia


Photo Marianne Tessier
Photo Marianne Tessier
    Aux murs, dans la salle en étage où mène un escalier immortalisé par Abel Gance dans son fameux Napoléon, il y a des centaines de photographies, presque toutes en noir et blanc, prises pour la plupart dans les années cinquante et soixante : Ajaccio comme il y a peu encore. Ajaccio comme plus jamais. C’est-à-dire des lieux, des édifices, des personnages -tant de personnages !- souvent disparus. Tout ce qui a fait que Jean-Jean est Jean-Jean, autrement dit tout ce qui fait qu’on s’attarde chez Jean-Jean, tout ce qui fait qu’on l’invite à sa table après le service (à dire vrai, il y a un aftersans lequel un repas chez Jean-Jean ne serait pas tout à fait accompli), eh bien tout cela nous apparaît soudain comme par enchantement : les façades lépreuses, le linge qui pend aux fenêtres, les enfants que l’on devine enracinés dans la rue… Ici, attention, lumière noire des bistrots de quartier, des hommes boivent au comptoir, du pastis probablement, les hommes boivent beaucoup de pastis ; là, ces dockers en habit de misère, occupés dans la cale des bateaux à charrier des sacs de ciment sur les épaules ; et ici, ces fantômes gris, garde haute, sourire froid, alignés dans la salle de boxe. Jean-Jean c’est l’odeur de la salle qu’il a aimée tout de suite, il dit aussi qu’il doit tout à la boxe ; et là, encore des fantômes gris, les observer figés qu’ils sont dans leur course improbable sur la terre battue d’un terrain de foot, c’est important le foot, ça se voit tout de suite ; et là, ces pêcheurs arc-boutés, tirant les filets sur la plage Saint-François, le balancement des corps crée un mouvement de l’ordre de l’expressionnisme chorégraphique, c’est beau comme un ballet de Béjart ! Il y a Jean-Jean sur la photo, il doit avoir seize ans, quelque chose comme ça ; ah ! les quais en noir et blancs, comme ils paraissent nus, et vides, et inutiles. Il y a des bateaux. Il y a des enfants. Les enfants plongent de la proue des bateaux… Dans le fond de sa cuisine, Jean-Jean « fait du sac ». Jean-Jean « doit tout à la boxe ». 



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