IN CORSICA

De l'optimisme


Rédigé par Constant Sbraggia le Mardi 17 Juillet 2018 | Lu 429 fois | 0 commentaire(s)


Les Africains se noient par milliers en Méditerranée en tentant des fuir la guerre, la famine, un destin sans issue. Des navires comme l’Aquarius, affrétés par des bénévoles, se portent à leur secours. Nos pauvres, déclassés, à l’isolement physique, social, affectif, se noient sur les trottoirs de nos villes, notre ONG c’est le Samu social. Il y aura les camps de Calais pour les uns et le RSA pour les autres. A y regarder de près c’est une même cruauté. Elle s’exprimera en tenant compte du degré de tolérance supposé de telle ou telle autre société mais avec la même violence. Chez nous (j’ai déjà abordé ce thème mais après tout la répétition n’est-elle pas le propre de l’éditorial ?), depuis la Révolution, flotte l’étendard de la méritocratie. Cela vaut toujours mieux que le système de cooptation qui prévalait jusqu’alors. Mais cette méritocratie n’est jamais qu’une forme de darwinisme policé, qui au siècle du capitalisme financier et de l’individualisme se révèle dévastatrice en ce qu’elle laisse sur le carreau des millions de gens. Et je crains que dans notre société nos pauvres ne subissent la même indifférence que celle qui est accordée aux migrants africains. Les notions d’éthique, de dignité humaine, de solidarité, de culture, se sont diluées, insensiblement mais sûrement, dans le consumérisme. Nos gouvernants ne gouvernent plus. Nous voilà tombés dans le fonds de la technocratie. La Corse compte 20% de pauvres. Plus de 60 000 personnes ! Dans une excellente analyse (page X) Guillaume Guidoni indique que les inégalités, en Corse, se perpétuent entre générations. Il évoque aussi cette partie de la population « enfermée dans une sous-activité, voire une sous-participation sociale ». Ce sont les symptômes d’une agonie sociale que nous feignons d’ignorer. Je m’adresse aujourd’hui aux élus nationalistes, parce que ce sont eux qui sont aux responsabilités mais aussi parce que leur élection a répondu à un profond désir d’humanité. A tort ou à raison leurs électeurs ont pensé qu’ils étaient capables de réinventer la politique. J’ai la faiblesse de croire que c’était à raison. Et je leur dis : mettez le paquet ! Consacrez toute votre énergie, toute votre imagination, toute votre audace à réinventer la politique. Il souffle des vents mauvais. Notre époque est en proie à des chamboulements profonds. Outre la lutte contre la pauvreté le défi consiste à redonner de l’optimisme. 
 
 
 
 
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