IN CORSICA

Devoir de rentrée


Rédigé par Constant Sbraggia le Jeudi 27 Septembre 2018 | Lu 60 fois | 0 commentaire(s)


C’est la rentrée, ou plutôt la pré-rentrée politique. Les prochaines échéances, la municipale puis la territoriale, accaparent désormais les esprits. C’est affreux à dire mais l’Europe qui oriente 70% de nos décisions gouvernementales laisse indifférent l’électorat, et donc ne mobilise pas les troupes. On se demande d’ailleurs qui blâmer, les abstentionnistes inconscients ou les politiques qui les abandonnent à leur inconscience ? Peu d’appelés, peu d’élus, point de conviction. En attendant, nous attendrons, sans illusion, que la machine institutionnelle se mette enfin en route. Elle patine d’autant plus que le grand projet réformateur qui lui était consubstantiel se heurte à la dure réalité du pouvoir. D’un côté l’État jacobin, il l’est, quand bien même s’en défend-il. C’est dans les gènes de la République française. Il est d’ailleurs piquant de constater que nos gouvernants nous enjoignent à devenir européens, la France est le pays le plus centralisé d’Europe, nous ne sommes pas à une contradiction près. De l’autre, une conjoncture extrêmement difficile. En Corse, la grande réforme, voulue, a été administrative : la Collectivité de Corse a donc hérité de tous les pouvoirs ou presque, au grand dam de l’opposition qui oublie facilement qu’elle appela, elle aussi, à la suppression des départements. C’était en 2003, la concentration des pouvoirs lui était alors favorable. Tous les pouvoirs pour quoi faire ? Notre bonheur, bien sûr. Je ne doute pas de la bonne foi des uns et des autres. Pourtant il est ici un malentendu qu’il nous faut dissiper. La Corse est réputée pour exceller dans le domaine de la politique, elle n’excelle qu’en matière électorale. Les nationalistes ont donc tous les pouvoirs ou presque et quelque 5000 fonctionnaires à digérer. Ce n’est jamais une mince affaire, mais lorsque l’on était encore dans l’opposition il y a 3 ans les choses peuvent être franchement compliquées. C’est donc la rentrée. Si la grande réforme souhaitée par les nationalistes n’est plus d’actualité, elle doit laisser place à la Révolution des mentalités. Voilà, une réforme qui ne manque ni de noblesse ni d’ambition. Elle se montrerait même opportune en période pré-électorale. De quoi s’agit-il ? De lutter obsessionnellement contre le processus de paupérisation qui gagne la Corse, bien sûr. Il s’agit aussi d’amour. De respect. De son prochain. La dislocation sociale qui découle de ce phénomène d’appauvrissement continu est proprement alarmante. Parce qu’elle est dormante. Silencieuse. Mais pas moins dévastatrice. Comment eut-il pu en être différemment quand un quart de la population au moins vit en dessous du seuil de pauvreté ? Nous passons insensiblement d’une communauté de type quasi tribal à une société de type darwiniste. Elle est d’une cruauté implacable. Elle ne nous ressemble pas. Elle met à bas tous nos prétendus idéaux. Réveillons-nous. Réveillez-vous. L’élection de 2015 répondait à un profond désir d’humanité. Il ne faudrait pas que l’option nationaliste se réduise au simple état de troisième proposition à égalité de désenchantement avec celles la droite et la gauche. 



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