IN CORSICA

L’avenir de l’Europe se joue en Méditerranée Par Laurent Dominati


Rédigé par Constant Sbraggia le Jeudi 7 Mars 2019 | Lu 7097 fois | 0 commentaire(s)

Une jeune fille se promenait avec ses amies sur la plage. Elle s’approcha d’un taureau blanc au bord de la mer. Elle lui passa une guirlande de fleurs autour du cou et en fit sa monture. Le taureau l’emmena dans les flots. Elle était la fille d’un roi de Phénicie, il était Zeus Pater. Il la déposa sur une terre qui prit son nom : Europe. Ils eurent beaucoup d’enfants : nous. L’Europe est fille de la Méditerranée. Ses dieux, ses langues, ses lois, ses monnaies, ses banques, ses cités et ses lois familiales, ses images, viennent de Méditerranée. Pas une ville du nord de l’Europe, de Glasgow à saint Petersbourg, qui ne lui soit liée. L’Europe est fille de la Méditerranée comme le monde arabe l’est pour beaucoup : si la liturgie à Cantorbéry est latine, le hammam est romain. Or la Méditerranée, pour l’Europe politique, n’existe pas, ou si peu. Comme si les pays du nord, les institutions de Bruxelles, ces modèles de vertu économique et sociale, se méfiaient de cette tradition de ces rastaquouères, toujours cousins de mafieux, de ce chaos de décadences multicolores où sous les mirages des embrassades se cachaient contrebandes, drogues et sicaires. Par Laurent Dominati


L'opération Sophia
L'opération Sophia
Que l’on regarde : dans les livres blancs de l’Union européenne, de l’Allemagne, de la France ou des Etats-Unis, nulle part la Méditerranée n’est pensée comme un ensemble géopolitique. Elle est liée au Moyen-Orient, à l’Afrique. Seule la France a initié quelques politiques globales, avec ce qui fut appelé le Processus de Barcelone (1995), sous l’impulsion de Jacques Chirac, devenu Union Pour la Méditerranée (2008) sous Nicolas Sarkozy, une institution réunissant 43 pays et qui a « labellisé », en dix ans, 50 projets… Le rêve passe. L’outil principal de l’Union Européenne pour la Méditerranée n’est pas l’Union Pour la Méditerranée, qu’elle a tenu à coprésider pour mieux l’étouffer, mais la « Politique de Voisinage », qui se divise entre les pays méditerranéens et le Partenariat Oriental (Biélorussie, Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan). Cela traduit bien la vision européenne et son obsession de sa frontière « Est ». Cinquante années de crainte d’invasion des chars russes laissent des traces. De fait, l’Union européenne a gagné la guerre à l’est. Elle s’étend jusqu’aux pays baltes, absorbe l’Ukraine, grignote la Géorgie. Curieux de constater qu’elle ne s’est pas rendue compte de sa victoire : la Russie n’est plus une menace. Son PIB dépasse un peu celui de l’Espagne. Son budget militaire est largement inférieur à ceux de la France et de l’Allemagne réunis. La vraie frontière, menace, défi, chance de l’Europe est au sud : c’est la Méditerranée. Et personne n’y pense, sinon dans le cadre de ce partenariat euro-méditerranéen qui est la mise en œuvre d’accords bilatéraux. Personne ne pense la Méditerranée comme un ensemble.
La Méditerranée n’a qu’une ouverture naturelle  sur le vaste monde : Gibraltar. Entrons, comme les cent mille navires qui y passent chaque année. Le détroit est libre. En tout, la Méditerranée représente 30% du commerce maritime mondial. A droite, l’Espagne, avec Cadix et Rota, la base navale, qui abrite navires et marins américains. A coté Gibraltar, base aéronavale britannique et centre d’écoute. En face, Tanger, avec TangerMed 1 et 2, premier port africain pour le tonnage, sa ligne TGV, son usine Renault. Derrière le Rif, terre pauvre, mais riche en cannabis et en effervescence sociale. Outre la drogue, passent aussi dans le détroit gazéoduc, oléoduc et migrants : 50 000 cette année. 
Voisin du Maroc et en conflit latent, l’Algérie, où le Président Bouteflika risque d’être réélu sans savoir qu’il est candidat. L’Algérie, qui accueille un port chinois à Cherchell, l’ancienne Césarée, avec son temple romain devenu mosquée,  mais aussi les navires militaires Russes à Mers el Kebir, vit du pétrole, souffre du pétrole, craint la contagion islamique, a fermé sa frontière sud aux migrants syriens, maliens, soudanais. L’Algérie qui augmente son budget militaire de 30%, et va posséder bientôt six sous marins  -et 500 chars. 
A coté la Tunisie, berceau des Printemps arabes, où les anciens soutiens de Ben Ali, revenus au pouvoir tentent de réussir, sous forte tension politique et sociale, la démocratisation du pays. Si seulement. Plus loin, la Lybie, avec ses chefs de guerre, ses gouvernements rivaux, son pétrole, ses gazoducs, ses trafiquants d’armes et d’esclaves. Au delà, le Sahara, et ses troubles. Avec des troupes françaises. Enfin l’Egypte : Déjà plus de 90 millions d’habitants, troisième pays africain, premier pays arabe. Longeant le canal de Suez, par lequel transite une bonne part de l’approvisionnement de l’Europe, le Nil déverse les déchets de la plus grande ville de Méditerranée, le Caire, 25 millions d’habitants dans la mer, au dessus d’un immense champ gazier, Zohr, un des plus importants gisements d'hydrocarbures découvert récemment, prolongation des champs chypriotes et israéliens. L’Egypte, malgré la poigne du Maréchal Sissi, n’échappe pas à la guérilla islamiste au Sinaï. Elle est devenue le pilier d’une nouvelle coalition qui ne dit pas son nom avec les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et Israël. Les Palestiniens de Gaza, sous la domination du Hamas, organisation considérée comme terroriste, bénéficieront-ils  du champ d’hydrocarbures ? ? 
Et les Turcs ? Ils refusent l’accord cyprio-israéliens sur le partage des ressources, et s’inquiètent du nouveau gazoduc qui va d’Israël en Italie. Les Européens refusent de reconnaitre l’occupation turque de la moitié de Chypre, où subsiste une base militaire britannique. Les Turcs, qui sont dans l’OTAN, ont refusé aux Américains l’utilisation de leur base d’Incirlik contre Daech en 2016. Ils ont aussi refusé la constitution d’une force navale de l’OTAN en Mer noire, parce qu’ils se rapprochent des Russes, qui se rapprochent d’eux. Rien n’est simple. Tout bouge, tout change, l’Europe paie et s’absente.
 Les Russes sont en Syrie. Ils ont sauvé Assad. Ils ont transféré des bâtiments de leur flotte du nord et de la Caspienne à leur base aéronavale de Tartous. Les Israéliens bombardent tout ce qui ressemble à une menace iranienne en Syrie ou au Liban, où s’est installé le Hezbollah, autre organisation considérée comme terroriste. Avec l’argent sunnite, Beyrouth construit un nouveau quartier sur une montagne de déchets, dans la mer.
La Méditerranée orientale ne serait-elle que le prolongement du Moyen Orient ? Alors la CIA aurait raison de l’y inclure dans un sous-chapitre. Mais pour l’Europe, elle est sa frontière immédiate : Chypre est un pays de l’Union. En remontant la cote turque, voici les iles grecques en Grèce, avec ses camps de migrants. L’Union européenne a signé un accord avec la Turquie pour qu’elle freine l’immigration syrienne en Europe. Trois milliards pour commencer. Avant d’arriver en Grèce, la deuxième ville de Méditerranée : Istanbul, 15 millions d’habitants, le détroit des Dardanelles, le terrorisme kurde et la démocratie avancée d’Erdogan. Une armée décapitée après le mini coup d’état et la maxi répression, mais un budget militaire en hausse de 30%. 
Enfin l’Europe : la Grèce, un gouvernement d’extrême gauche qui a renoncé à tout ce qu’il disait, à commencer par la sortie de l’euro. Et pourtant, çà marche, la Grèce s’en sort. La démocratie a tenu. L’Europe aussi. Malgré la crise sociale, la crise migratoire, malgré les conflits des Balkans, les murs et les passeurs d’hommes, les mafias et les conflits ethniques. Dans les Balkans, dont les pays sont candidats à l’Union Européenne, le niveau de vie est le quart du niveau de vie moyen de l’Union. Voilà ce qui explique pourquoi la Grèce est restée. Et pourquoi les Chinois ont acheté le Port du Pirée. Certains pensent que la Méditerranée vaut la peine de s’y ancrer. Dommage qu’aucun européen n’ait été candidat.
Voici l’Adriatique et l’Italie paisible, terre de la Renaissance, du Pape François, défenseur des immigrés.  Le populisme y triomphe : vainqueur, le sud vote Cinque Stelle et le nord vote pour la Ligue. Bases militaires américaines à Geta, Tarente, Agrigente, les centres d’accueil de transit migratoire à Lampedusa, les gazoducs algériens, libyens, demain israéliens et égyptiens. L’Italie est en panne économique depuis vingt ans. Puis la France, première puissance navale européenne, sa base de Toulon, Marseille, la Corse. 
Après ce tour de Méditerranée, de retour en Espagne passant par la séparatiste Catalogne, les Baléares et la cote andalouse, capitales du tourisme et de la blanchisserie,  on se demande si la multiplicité des problèmes doit faire renoncer à une vision générale. Au contraire, des thèmes émergent comme des paysages récurrents. 
Celui de la sécurité collective, celui des migrations,  ceux des échanges et inégalités économiques, enfin celui  des menaces écologiques.
Il n’y a aucun mécanisme de sécurité collective, et le gendarme américain s’oublie.
Les Russes investissent la Méditerranée, désossent leurs flottes pour renforcer leur escadre méditerranéenne et les Américains se retirent. La Méditerranée orientale n’est plus un lac occidental. Pas par faute de moyen : par faute de politique. Heureusement que les Israéliens tiennent en respect Iraniens et… Russes, et jouent ce rôle qu’on leur reproche si souvent, celui de poste avancé de l’Occident. L’Europe serait-elle prête à accepter, sans les interventions israéliennes, des missiles iraniens sur la cote syrienne ? Pour l’instant, l’Union européenne finance le Hamas. Deux milliards dans la politique de voisinage.
Les Européens doivent-ils s’impliquer  militairement en Méditerranée? Y-a-t-il des menaces ? Terroristes par exemple ? Evidemment. Plus dangereuses pour l’Europe qu’au Sahel, en Syrie, ou en Afghanistan, où les Européens ont suivi les Américains. Les Européens en ont-ils les moyens, financiers et militaires? Oui. Les flottes françaises, italiennes, espagnoles savent coopérer. Elles le font dans l’opération Sophia, essentiellement dirigée contre les passeurs dans le  canal de Sicile. Ont-ils des intérêts communs à défendre ? Energie, commerce, câbles de télécommunication sous marins, trafics humains, populations européennes sur le pourtour méditerranéen, conflits entre puissances rivales, conflits intérieurs, routes du trafic de drogue… S’il n’y a pas d’intérêts de sécurité pour les Européens en Méditerranée, il n’y en a pas dans le monde. Les menaces ne manquent pas. Ce qui manque, c’est une stratégie. Il y a des agglomérats d’actions diverses. Ce qu’il n’y a pas non plus, c’est une défense européenne. 
Concevoir la Méditerranée comme le premier théâtre de la sécurité de l’Europe, c’est une nécessité pour tous les Européens, Français, italiens espagnols grecs, mais aussi Allemands et Danois et Belges. C’est ce que pensaient les Anglais du temps de leur splendeur, avec Gibraltar, Majorque, Malte et Chypre. Le Dialogue dit 5+5 (France, Italie, Espagne, Portugal, Malte + Maroc, Mauritanie, Algérie, Tunisie) devrait être la matrice d’un système régional de sécurité collective. La défense européenne pourrait commencer par exister en Méditerranée, plus légitimement et utilement qu’à l’Est. 
L’opération Sophia, inspirée de l’action qu’a menée avec succès l’Union Européenne dans la guerre contre les pirates en Somalie, est un embryon. Fruit de la coopération des marines nationales, militairement, elle fonctionne. 
Mais la question migratoire n’est pas une question militaire, ni de simple police. Entre 3500 et 5000 migrants meurent chaque année dans la Méditerranée. L’essentiel des migrations en Europe passe par la Méditerranée.
D’un coté, en Europe, 500 millions d’habitants, riches, quoiqu’on se plaigne, et vieux, quoi qu’on se soigne. De l’autre, 1.2 milliard d’habitants en Afrique, jeunes et pauvres, 2.5 milliards demain. La croissance économique africaine est, à peu d’exception près, inférieure à sa croissance démographique. C’est dire que les Africains deviennent chaque jour plus pauvre et vivent sous des régimes dont le point commun est la corruption. 
La politique européenne de voisinage, qui consiste à des accords bilatéraux d’aides et de coopération, a aussi développé un partenariat sur l’immigration, qui se prolonge avec des accords avec les pays africains. L’Union Européenne conclut des accords de contrôle des flux migratoires avec les pays d’émigration, et aussi avec les pays de transit comme le Maroc la Lybie ou la Turquie. L’évidence, c’est que la politique migratoire ne peut être qu’européenne. Faut-il revoir la politique extérieure, les contrôles, intervenir en amont, démanteler les réseaux, coordonner les polices et les données ? Faut-il modifier les règles de droit, le paquet asile, la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme ? Ce qui sera fait au niveau national ne créera que des tensions, comme les renvois de responsabilité entre Français et Italiens à Vintimille, les conflits entre le Danemark et la Suède, la Slovénie et l’Autriche, l’Allemagne et l’Autriche, etc… Tous ceux qui veulent « nationaliser » la question migratoire oublient qu’elle est plus de la responsabilité des Etats que de l’Union Européenne.  Hors démagogie nationaliste, chaque pays convient qu’il faut donner plus de moyens et d’autonomie à l’agence Frontex. Accepter des morts en Méditerranée en laissant l’espoir à des centaines de milliers de gens de poser le pied sur un sol européen qui leur apportera des « droits »  provient de l’absence d’une politique globale. 
Est-ce indépendant des conditions de vie au sud de la Méditerranée ? Il ne peut y avoir de politique migratoire qui consisterait à faire de la Méditerranée un mur. La question migratoire, pour être résolue, suppose une politique ambitieuse avec la rive sud. 
La richesse de  l’Europe dépend de la coopération avec les pays de la rive sud.
Crises sociales, explosions urbaines, répression anti-islamiques, terrorisme islamique, instauration de la charia serait l’avenir des pays de la rive sud. Cela n’est écrit nulle part. Le Maroc, comme la Tunisie, s’avancent vers des systèmes démocratiques, avec des partis islamiques qui respectent le jeu démocratique et des avancées sur la condition des femmes, véritable baromètre culturel, sociétal et politique. 
Les tentatives de l’Union Européenne dans le cadre de la politique de voisinage doivent maintenant s’amplifie pour aboutir à des sortes de « coopération renforcée ». En fait l’effort qui a été fait pour l’Est de l’Europe doit être fait en Méditerranée. La Pologne reçoit 10 milliards par an. C’est bien. Et les pays voisins de notre sud ? 
Des politiques de coopération ne serviraient à rien si elles ne s’appuyaient sur des accords de sécurité, des valeurs, et du droit. L’exportation des normes européennes, non seulement en matière de commerce mais aussi en termes de gouvernance et de droits humains et est un axe fort qui ne demande qu’à être amplifié. Parce qu’à rebours de ce que l’on pense, cela marche : Serbie, Ukraine, Tunisie, Sénégal, contrairement aux idées reçues, les démocraties et les valeurs démocratiques progressent dans le monde. Et les inégalités fleurissent plus dans les autocraties que dans les démocraties.
Une des façons de gérer le codéveloppement nécessaire à l’ensemble des pays riverains est l’économie bleue. L’accroissement de la population des villes, la multiplication des échanges en Méditerranée, l’augmentation des besoins énergétiques, des besoins en traitement des déchets des en eau menace la survie de la Méditerranée elle-même. La Méditerranée ne renouvelle son eau qu’en un siècle. Personne ne peut croire que la pollution en Méditerranée n’est pas un problème commun, ou qu’il est en train de se résoudre. On peut douter de la capacité de l’Humanité à régler le réchauffement climatique. On peut douter de sa capacité à réduire le poids du carbone. Peut-on douter de la capacité des pays méditerranées à construire des stations d’épuration, à réglementer le pêche, à contrôler les navires, à bannir le plastique ? Interdire le plastique en Europe ne servira pas à grand-chose s’il est autorisé dans le bassin méditerranéen. 
Il faut construire une aire de coprospérité écologique en Méditerranée.
L’inconvénient d’une mer fermée est aussi son avantage. L’application de politiques communes en Méditerranée est faisable. Elle ne nécessite aucune avancée technologique.  Seulement des accords et des investissements. L’Union Européenne ne peut-elle jouer aucun rôle ? Si elle ne sait rien faire en ce domaine, ni normes, ni investissements, c’est n’existe pas.
Si l’Union pour la Méditerranée s’est ensablée, c’est parce qu’elle a été victime, dés sa création, de conflits politiques multiples. Investir dans la santé de la Méditerranée elle-même, qui est le bien commun de tous, peut créer une coopération dynamique entre les Etats, parce qu’ils associeront les investissements privés, les ONG, les associations, les collectivités locales, les universités et centres de recherche, les medias, les opinions publiques, les  villes et les régions. 
La politique européenne pour la Méditerranée peut commencer par la mise en place d’une « économie bleue », nécessaire pour la survie de la mer, nécessaire pour les populations, facteur de développement et d’intégration dans la « zone de libre échange euro-méditerranéenne » dont rêvaient l’Union européenne et qui ne s’est pas faite, tant les rivalités sont grandes. Et la mise en place d’un modèle écologique en Méditerranée ravira les pays du nord, bien en avance sur le sujet.
Commencer par une réussite concrète dans le domaine économique et écologique, s’appuyer sur une politique de normes communes, l’étendre aux autres sphères de la gouvernance et du droit, créer des solidarités, des intérêts communs de contrôle des frontières, assurer un système de sécurité et de défense européenne, telles pourraient être le cheminement d’une politique européenne qui, malgré les milliards investis, malgré ses avancées, cherche encore une stratégie et une vision globale.
Quel est le coût de l’absence d’une politique migratoire ? Combien de milliards, rien qu’en surveillance ? 10, 15, 50 ?  Sans parler des vies perdues. Quel serait le coût de la mort programmée, biologique, de la Méditerranée ? Que serait l’économie européenne avec une mer fermée, à cause des guerres et des conflits ? Quel serait l’effet d’attaques terroristes en Méditerranée ? 
On avait du mal à imagier les Boat people en Méditerranée lorsqu’ils étaient apparus en Mer de Chine.  Ils sont là. Depuis dix ans. On avait du mal à imaginer une guerre en Europe. On l’a eue en Yougoslavie, en Adriatique. Inversement, on avait aussi du mal à concevoir la démocratie en Ukraine, en Pologne, ou encore en Tunisie. Tout peut arriver. Même le meilleur. On n’est jamais sûr de gagner un combat, disait Churchill, mais on peut mériter de le gagner. L’Europe est née en Méditerranée. Comme Dieu. Ce serait dommage qu’elle y meure. A moins qu’elle n’y renaisse : si l’Europe veut exister, il faut, politiquement, que la Méditerranée soit.
 

 

L’action fait l’objet d’un financement de l’Union Européenne
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