IN CORSICA

L'édito de Constant Sbraggia


Rédigé par Constant Sbraggia le Mercredi 5 Octobre 2016 | Lu 209 fois | 0 commentaire(s)


Dans « Avanza ! La Corse que nous voulons », ouvrage qu’il publie chez Flammarion, Jean-Guy Talamoni, détache la pensée politique corse de la logique de parti et de clivage gauche-droite - « artificiel », « antinaturel » - à la française. Il a sans doute raison. Sauf que Macron, avec son « ni de gauche ni de droite », dynamite cette « charpente » française, et que les sondages, qui lui sont incroyablement favorables, démontrent que sa proposition, « ni de gauche ni de droite », est bien dans l’air du temps. Mais la question n’est pas là. Revenons au soir du 13 décembre 2015. La victoire des nationalistes à la territoriale a été ressentie comme une secousse politique, électorale. Ca l’était, c’était davantage encore. Le séisme était de nature sociologique, la Corse changeait. Elle se soulevait sous la poussée générationnelle. La gauche, la droite, étaient ringardisées. Il flottait dans l’air comme un parfum de Mai 68 : on allait connaître autre chose, de forcément meilleur. Ce 13 décembre 2015 au soir, il y a bien eu des perdants. Le lendemain, pourtant, nul visage ne disait ni tristesse ni désarroi. Ce fut « une révolution tranquille », comme l’écrit justement Jean-Guy Talamoni – ce sont d’ailleurs les premiers mots de son ouvrage. Je serais tenté de dire une révolution naturelle, conforme à l’ordre des choses. Seulement voilà. Comme sait le rappeler FOG, « plus l’espérance est grande, plus la déception est violente ». Rien ne serait pire, au sortir de cette mandature, que de constater non pas l’absence de grandes réalisations – la mandature écourtée à 2 ans ne favorise pas de telles ambitions – mais une réalité nationaliste désenchantée. Ou plutôt désenchanteresse. Une proposition supplémentaire, à égalité de désenchantement avec les propositions éculées de droite et de gauche. Les mêmes tics et les mêmes tocs, que ceux qui altèrent les vieux partis détestés et détestables de routine, de petite administration sans idéal, de petits mensonges et de piètres arrangements entre amis, les fossilisant prématurément. Il n’aurait servi à rien, alors, de briser le carcan du bipartisme. A la tenaille succèderait le trident. Les nationalistes ont remis les électeurs de Corse en état d’intelligence - faut-il rappeler que leur électorat n’est pas que nationaliste ? - quant on les connaissait partisans, coresponsables de la guerre civile froide qui glace notre société. Ces électeurs, ils les ont rendus indépendants quant on les voyait confits dans la graisse du bipartisme. Le nationalisme en tant que mouvement fédérateur doit maintenant faire la preuve de sa compatibilité avec le pouvoir. Le pouvoir corrompt tout ce qu’il touche, paraît-il. On ose encore croire que non. Les nationalistes ont des convictions. On attend de la conviction.




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