IN CORSICA

Le respect des urnes Par Constant Sbraggia


Rédigé par Constant Sbraggia le Mardi 9 Juillet 2019 | Lu 82 fois | 0 commentaire(s)


 
En France, si l’on a voté davantage que lors des deux précédents scrutins européens, c’est probablement parce que les électeurs, encouragés en cela par une campagne électorale qui proposait de refaire le match Macron-Le Pen, ont nationalisé l’élection. On pourra toujours le regretter, reprocher au président de la République d’avoir comme Mitterrand en son temps, joué avec le RN autrefois FN pour affaiblir la droite, et ainsi organisé les conditions de sa réélection, voire de sa survie politique. Il faut néanmoins tirer le bilan de ces européennes. Elles sont la confirmation des enseignements de la présidentielle, qui avait vu pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, la droite et la gauche absentes du second tour d’une présidentielle. Les signes visibles sont les scores qui confirment le rejet de cette droite et de cette gauche. Mais la chute tout aussi vertigineuse de la France insoumise (16,9% à la présidentielle) est aussi constitutive de cette dynamique du rejet : le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a amorcé sa dégringolade à partir du moment où son leader (c’était l’été 2017) a déclaré souhaiter « remplacer le PS » pour devenir la force centrale à gauche. Les Français ne veulent plus de cette bipolarisation droite-gauche, celle-là même qui avait mis fin dans les années 50 à l’influence du Parti Radical (qui aura animé la vie politique de la IIIe République et d’une partie de la IVe). Tout aussi intéressante est la percée des verts. Les verts ont pour eux de porter un idéal, en l’occurrence sauver la planète, quand les formations traditionnelles s’en montrent incapables depuis deux bonnes décennies au moins. C’est ce qui explique que la jeunesse ait massivement voté pour les verts. L’homme, mais la jeunesse en particulier, a besoin de croire en un idéal. Les verts proposent ainsi un changement radical de mode de vie, à l’antipode du productivisme et de l’ultralibéralisme. Finalement une révolution rassurante. On observe en Corse les mêmes tendances que sur le continent. Avec une forte poussée des verts, derrière RN mais devant LREM et LR, soutenus par Gilles Simeoni et Femu a Corsica. Les nationalistes comptent ainsi un quatrième député, européen. Dès lors, les électeurs ne comprendraient pas que la majorité territoriale continue de tourner autour de ces dossiers qui relèvent de la responsabilité écologique : environnement, énergie, transports, traitement des déchets. Les ouvrir, enfin, et sans tergiverser, serait bien la moindre des choses. Cela donnerait du sens à cette élection qui a su réveiller un électorat désabusé. Accessoirement du crédit à ceux qui ont donné des consignes de vote en faveur des verts. 



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