IN CORSICA

Un désir de XXIè siècle


Rédigé par Constant Sbraggia le Dimanche 11 Décembre 2016 | Lu 165 commentaire(s)


Les débats de la primaire à droite en vue de la présidentielle nous laissent accroire que nous habitons toujours le XXè siècle. Et comme, à ce jour, aucun indice ne nous permet d’espérer meilleure perspective à gauche, il faudra bien que nous nous accommodions de ces préoccupations de sous-préfecture. Le nombre d’heures travaillées et payées de nos fonctionnaires au lieu de la révolution numérique. L’autorité de l’Etat au lieu de l’Europe. Le « problème lié à l’Islam » au lieu de l’enjeu qu’est la paupérisation sans cesse accrue des populations africaines qui constitueront un tiers des habitants de la planète dès 2050. L’identité nationale au lieu de l’évolution climatique. Etc. Nous devrons donc nous passionner pour des sujets dérisoires. A défaut, nous intéresser à la personnalité des candidats : « L’élection présidentielle, c’est la rencontre d’un homme et du peuple. » (sentence qui nous renvoie, hélas, à l’image de la femme du XXè siècle). Plus modestement, mais peut-être avec davantage de cœur, nous attendons les programmes de nos candidats à la territoriale. Il ne faut désespérer de rien, mais il est à craindre que la droite et la gauche locales ne se distinguent guère des instances nationales, leurs maisons-mères. Elles accorderont, bien sûr, la plus extrême importance aux revendications identitaires en ce qu’elles ont d’immatériel, de symbolique. Bref, d’improductif. Aujourd’hui, le rapport de forces ne semble pas être en leur faveur. Prudence. Tout va vite en politique. Tout va vite quand rien ne mérite notre mobilisation. Il appartient donc aux nationalistes, à qui nous pouvons encore accorder le bénéfice de l’apprentissage du pouvoir, de renoncer à l’héritage de la tièdeur. A ce jour on a pu considérer leur « Maison de Crystal ». On a surtout constaté leur frilosité à bousculer les mœurs territoriales du XXè siècle. Pis, une asthénie. Le désir de rupture qui a provoqué leur élection ressemble déjà à un inassouvissement. Il ne faudrait pas qu’on en arrive à se dire que rien n’était possible. Ces nationalistes ont quelques mois pour convaincre les électeurs de leur faire à nouveau confiance. Autrement dit rendre la Collectivité Territoriale de Corse vraiment audacieuse. Capable de choix, et d’innovation. De cesser la politique de guichet pour des relations plus créatrices. Ce pourquoi ils ont le pouvoir.



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