IN CORSICA

Une jeunesse corse


Rédigé par Constant Sbraggia le Mercredi 16 Novembre 2016 | Lu 177 commentaire(s)

Berceau du nationalisme ou pas, l’université Pasquale Paoli est une université à part dans le paysage français. Un foyer de braises. Avec des centaines d’étudiants préoccupés tout autant par leurs études que par la défense de la langue ou le retour des « prisonniers politiques ». Trente-cinq ans que cela dure. Ceux d’hier sont pour certains au pouvoir, ceux d’aujourd’hui toujours le poing levé. Génération Corte. Par Patrick Vinciguerra


photo Rita Scaglia
photo Rita Scaglia
Ce n’est pas toute la jeunesse corse, évidemment non, mais c’est celle qui fait le plus de bruit, qui revendique, proteste. Qui parfois laisse exploser sa colère. C’est la jeunesse Meindl. Du nom de ces chaussures, pratiques aussi bien pour les randonnées en montagne que pour les manifs. Surtout celles qui dégénèrent. Une jeunesse militante à mille lieues de celle qui, l’été venu, s’éclate à Via Notte ou sur les plages de Calvi on the Rocks. Cette jeunesse natio, aux premières feuilles mortes de l’automne, s’est enflammée. Encore. Blocus de la fac, cocktails Molotov, grève de la faim, les armes de la contestation sont toujours les mêmes. En cause cette fois, un verdict, jugé sévère et disproportionné, contre trois militants de la Ghjuventù Indipendentista (GI) accusés d’avoir commis en 2012 un attentat contre la sous-préfecture de Corte. Nicolas Battini, l’un d’eux, est devenu un héros sur le campus. Lors de son procès, face aux juges de la Cour d’assises spéciale de Paris, il a assumé ses actes. Au nom de la cause. Comme les premiers clandestins devant la Cour de sûreté de l’État, à la fin des années soixante-dix. En 2013 déjà, du fond de sa cellule, l’étudiant en LCC (Langue et Culture Corse) écrivait à ses amis : « N’ayez pour moi ni tristesse, ni vaine pitié (…) C’est sans regrets ni rancœur que j’accepte d’offrir ma jeunesse à la lutte. » Un idéaliste. À la fois Guy Môquet et ribellu nustrale. Beaucoup à Corte lui ressemblent, ou du moins partagent ses convictions. Sur les 1 130 étudiants – sur un peu plus de 4 000 – qui ont voté en janvier dernier pour élire leurs représentants au conseil d’administration de l’université, 1099 ont choisi les listes nationalistes (Ghjuventù Indipendentista, Ghjuventù Paolina et Cunsulta di a Ghjuventù Corsa). La poignée de voix restantes est allée à une liste de droite, non indépendantiste mais autonomiste. « Nous sommes une petite université, à taille humaine, les gens se connaissent, c’est plus facile de convaincre, explique François Santoni, ancien président de la GI, membre de l’Exécutif de Corsica Libera. C’est aussi une université pas comme les autres, avec son histoire. Avant, c’était un acte militant d’y faire ses études, ça l’est un peu moins aujourd’hui, mais ça l’est encore. » Des nationalistes ultra majoritaires donc, et une forte capacité de mobilisation. Dans la rue et dans les urnes. La participation à ces élections étudiantes tourne ici autour de 25 % contre (…) Pour lire la suite, choisir la version papier ou numérique In Corsica magazine pour smartphones et tablettes  (Apple store & Google play store)



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